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Pour le Vatican

Il est possible que ces deux importants gouvernants -le pape et le roi des francs- aient eu l’idée de faire ressurgir les pouvoirs de leurs anciens  prédécesseurs qu’étaient l’empereur Constantin le Grand et le pape Sylvestre. C’est une hypothèse, mais assez vraisemblable, car la date de leur accord historique pour recréer l’empire romain coïncide parfaitementet avec celle de la fiction littéraire de la Donatio Constantini.

A partir des couronnements de Louis le Pieux et de Lothaire (respectivement fils et petit-fils de Charlemagne) l’intervention du pape pour sacrer la couronne impériale fut indispensable. Par la suite (première moitié du 9e siècle) un chef ne pourra accéder au pouvoir impérial qu’à la seule et unique condition d’être couronné par le pape.

Le pape couronnait l’homme de pouvoir, représentant le groupe armé qui pouvait défendre et protéger son pontificat. Le pouvoir pontifical était tel que les puissants des autres factions, non élus par lui, choisissaient leurs propres hommes de paille et les nommaient antipapes. Les coreligionnaires des factions opposées s’entretuèrent pendant des siècles ; ces massacres furent appelés « guerres de religion ». Le mauvais exemple avait déjà été donné par Constantin qui, pour gagner la confiance de la puissante communauté chrétienne de Rome, dit qu’il avait vaincu Maxence sous le signe de la Croix.

La situation se compliqua beaucoup plus pour l’Église à partir de l’Empire Romain Germanique, car celui-ci, avec un incroyable aplomb, s’auto-décréta « Saint » en 1512 et domina l’Europe avec ce «logo» pendant trois siècles encore, jusqu’à sa totale dissolution en 1806.

 

Martyrs anonymes

La vénération des témoins de Jésus (martyrs) se développa beaucoup au cours du 3e siècle, période pendant laquelle eurent lieu les plus féroces persécutions impériales contre les chrétiens.

La communauté chrétienne recueillait les restes de ses martyrs, les ensevelissait en leur rendant hommage, et enregistrait le jour de leur martyre dans le calendrier comme « jour de naissance ».

C’est la communauté chrétienne de Rome qui instaura cette coutume, reprise ensuite par les communautés d’Asie et d’Afrique. La recompilation de ces nécrologies a donné lieu, au 5e siècle, à la composition du Martirologio Geronimiano (martyrologue de Saint-Jérôme), qui se développa jusqu'à l’actuel calendrier chrétien, composé de fêtes rituelles, de références dogmatiques, de noms de vierges, bienheureux, saints, évêques et martyrs.

En termes profanes, le martyr correspond au père de la patrie, au héros national : celui qui met sans compter sa vie au service de la communauté, qui a un idéal de grand sens moral.

Depuis les derniers siècles de l’Age Antique jusqu’au milieu du Moyen Age, le pèlerin médiéval n’entreprenait pas son voyage à la recherche d’indulgences : ce concept est beaucoup plus tardif. Il ne réalisait pas cet effort hors du commun pour « obtenir » mais pour « donner », donner à ceux qui avaient donné avant lui, et qui, par leur témoignage (le martyre), laissèrent un exemple ineffaçable.

A côté de Marie, l'archevêque Jacques de Voragine,

avec son livre ouvert dans la main

Les histoires de Jacques

Jacopo da Varazze (francisé en Jacques de Voragine) fut un hagiographe dominicain italien et archevêque de Gênes. Au milieu du 13e siècle (vers 1250) il termina son hagiographie (histoire de la vie des saints), qu’il intitula « Legenda Sanctorum ». L’œuvre eut un énorme succès sous le nom de « La légende dorée », la plus célèbre compilation de légendes sur les saints, et donc celle qui influença le plus l’iconographie artistique plastique. C’est justement dans cette œuvre médiévale que l’on trouve « l’authentique légende » relatant la Donation de Constantin, dont le véritable titre donné par l’auteur était « Donation au pape Sylvestre ».

La Donation au pape Sylvestre n’est qu’une innocente légende médiévale (13e siècle) qui raconte que Constantin le Grand, guéri de la lèpre grâce aux immersions baptismales, récupère ses forces pour charger sur son dos des sacs de terre et niveler ainsi le terrain de l’Ager Vaticanus, monts vaticans où sera construite la basilique de Pierre.

En réalité, son contenu est diamétralement opposé à celui de la version délictuelle précédente. Dans la Donation au Pape Sylvestre de l’œuvre La Légende Dorée, c’est Constantin qui tire avantage de l’Église.

Martyr : terme d’origine grecque qui signifie témoin. Un martyr est celui qui rend témoignage à Jésus, en le scellant par sa mort. La mort du martyr est, pour un chrétien, le baptême du sang, et le jour où cela se produit est le jour de naissance. Les concepts de naissance et de baptême sont la reconnaissance de ce témoignage.

Mise à jour : Juin 2019

 Marcelo Yrurtia

Martine Ruais