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Constantin Empereur

Saint-Jean de Latran

Suite à une situation politique très compliquée entre Césars et Augustes, dans laquelle s'affrontent plusieurs légions romaines, Constantin descend de Bretagne avec ses légions en l'an 312, et il écrase l'usurpateur Maxence à la bataille du Pont Milvius à Rome.

Victoire décisive

La suprématie tactique de Constantin sur Maxence modifia le cours de l'histoire de l'Empire, de la romanité et d'une grande partie de l'Occident.

Malgré une armée beaucoup plus importante en nombre, Maxence mourut entraîné par ses propres légionnaires en déroute, tombant du pont sur le Tibre sous une masse d'hommes et de chevaux. C'était des batailles au corps à corps et les chroniqueurs militaires relatent que les nombreux légionnaires de Constantin ne représentaient même pas la moitié de ceux qui luttaient sous les ordres de son ennemi. Erreur tactique fatale de Maxence ... ? Toujours est-il que le triomphe de Constantin fut enveloppé d'un halo magique et d'un aspect miraculeux. Constantin en profita-t-il pour faire croire à des apparitions, des rêves ou des illuminations divines… ? Ou bien peut-être ses biographes ont-ils relaté des apparitions et des songes que Constantin n'aurait même pas imaginés ?

Bataille du Pont Milvius à Rome (en l'an 312)

Révision 1

L'usurpateur Maxence

L'Empereur Constantin

Indépendamment de tout cela, il faut de rappeler que, avant la bataille contre Maxence (312), Constantin n’avait pas été baptisé et n’avait pas célébré l’eucharistie (d’une importance capitale dans le christianisme, surtout à cette époque) ; il n’avait intégré aucune communauté chrétienne de l’Empire ; il n’avait pas été membre de l’Église, et ne le fut jamais jusqu’à la fin de son gouvernement impérial (337). S’il s’était vraiment considéré comme Chrétien, pourquoi n’utilisa-t-il jamais la Croix ? Les symboles graphiques de son empire sont associés au christianisme ; ils reprennent les christogrammes et aussi le Labarum, étendard des légions romaines, avec les initiales de l’ancienne République.

Sur toutes les pièces de monnaies romaines connues, ayant été frappées sous son règne, apparaît toujours le symbole du soleil, mais jamais celui de la Croix qui, depuis la condamnation à mort de Jésus, est resté le symbole du christianisme par excellence. Par conséquent, il serait honnête de considérer que Constantin n’a pas trompé les chrétiens, mais que -après les souffrances inimaginables de trois siècles de persécutions intermittentes et criminelles- les chrétiens se laissèrent volontiers manipuler par Constantin.

Se multiplièrent alors ces « Constantiniens » qui, depuis les loges de leurs palais, dictaient des lois despotiques, et, au nom de l'Église, déclarèrent des guerres de religion et des guerres «Saintes», et constituèrent de nouveaux «Saints» empires avec les aigles romains sur leurs étendards germaniques modernes.

Visions, prédictions et symboles

On attribue à Constantin le fait d'avoir dit que, la nuit précédant la bataille, il avait été illuminé par une vision divine, sans en préciser l'origine.

Il existe deux principales sources historiques sur le sujet : toutes deux sont datées entre le 3e et le 4e siècle. L'une est de l'écrivain et apologiste romain Lactance, l'autre de l'évêque de Césarée, Eusèbe.

Lactance relate que, dans sa vision, Constantin reçut l'ordre de mettre un signe sur le bouclier de ses soldats, et il décrit un staurogramme. Le symbole ne représente pas concrètement le Christ, tout au plus il pourrait être une crucifixion. De toute façon, rien ne démontre que Constantin ait utilisé ce symbole.

Dans sa Biographie de Constantin, l'évêque Eusèbe relate que, la veille de la bataille, Constantin avançait avec ses légions lorsque soudain il leva le regard et vit une croix illuminée, sous laquelle figurait une phrase grecque  «ἐν τούτῳ νίκα» (Par ce signe, tu vaincras). Constantin ne perçut pas clairement le message, mais pendant la nuit -ajoute Eusèbe- il rêva que le Christ lui disait d'utiliser le symbole de la croix pour vaincre son ennemi.

Monogramme du Christ (XP)

sur les boucliers des soldats

Le songe de l'empereur Constantin

Vision de Constantin selon l'évêque Eusèbe

Chrétien, ou stratège exceptionnel ?

Il n'y a aucun doute en ce qui concerne la foi monothéiste de Constantin envers une divinité solaire (Sol Invictus), mais il est presqu'impossible qu'il ait été chrétien.
Les apparitions, rêves prémonitoires, illuminations et images divines de la Croix chrétienne –référés par son biographe Lactance- ne sont que d’habiles recours d’opportunisme politico-culturel. Il faut considérer que, pour un empereur de l’envergure de Constantin, la multitude de groupes de croyances animistes et polythéistes du peuple romain, formés de quelques centaines de coreligionnaires autour d’un temple, ne représentait aucun intérêt politique. Les chrétiens, en revanche, représentaient 15 % de la population dans tout l’empire. Ils étaient économiquement indépendants, géraient leurs domus ecclesiae, leurs propres cimetières (catacombes) et des structures de secours mutuel ouvertes à tous les citoyens, même étrangers à la communauté.

Constantin comprit mieux qu’aucun autre dirigeant Romain, la différence culturelle et cultuelle de cette société, et passa alors à l’histoire comme le premier empereur chrétien, mais en réalité, il ne l’était pas. Il confectionna son propre Labarum avec un christogramme qui existait déjà et pendant son règne il « canonisa » sa mère et sa sœur. Mais parallèlement il tua son beau-père Maximianus (310), son beau-frère et co-empereur Licinius (325), son fils aîné Crispus (326) et quelques mois plus tard l’impératrice Fausta, sa seconde épouse... ... pour ne citer que les meurtres de sa sphère intime.

Révision 7

Staurogramme - Vient du grec «stauros» qui signifie «croix» ; le symbole est formé par les lettres grecques

rho (P) et tau (T). En superposant les deux caractères, avec le P  qui dépasse, on obtient une croix avec une tête en forme de P.

Labarum - Etendard qu'utilisaient les empereurs romains, avec la devise héritée des cinq siècles de République Romaine S.P.Q.R. / Senātus PopulusQue Rōmānus (Le sénat et le peuple romains).

Chrisme - Nom donné au Christogramme (monogramme du Christ) quand on le représente avec deux autres éléments : les lettres α (alpha) et ω (omega), la première et la dernière lettre de l'alphabet grec ; elles symbolisent le Christ comme début et fin de toutes choses. Elles signifient aussi le triomphe de la foi et le triomphe sur la mort, c'est pour cette raison qu'on trouve le Chrisme dans des endroits funéraires, par exemple dans les catacombes romaines.

Le monogramme du Christ est formé de lettres grecques Χ (ji) et Ρ (ro), les deux premières du nom Christ en grec : Χριστός / Khristós (l'oint).

Certains symboles apparaissent,
d'autres se transforment...

Révision 2

Galère laisse une porte ouverte

Sous la forte influence de son césar Galère, l'empereur d'Orient Dioclétien émit en l'an 303 un édit de persécution contre les chrétiens, qui allait de l'interdiction du culte jusqu'à la privation de la vie, en passant par la confiscation des biens. Le signataire était bien l'empereur Dioclétien, mais c'était Galère qui le manipulait : il décréta encore deux autres édits qui allaient dans le même sens et étaient encore plus stricts. Parmi les centaines de victimes de Galère, se trouvait Saint Boniface de Thrace.

A la fin de l'an 304 Dioclétien tomba malade ; en mars de l'année suivante il réunit son armée pour communiquer son intention d'abandonner ses fonctions impériales. Galère reçut le titre d'auguste romain d'Orient, et continua ses sauvages persécutions. Le 30 avril de l'an 311, de façon inexplicable, il émit un édit de tolérance pour les chrétiens, avec le droit à la restitution de leurs valeurs personnelles et des biens immeubles confisqués à la communauté, les églises domestiques. Etait-ce un repentir ? Galère mourut six jours plus tard, victime d'une gangrène. Son édit de tolérance resta pratiquement sans effet.

L'empereur Dioclétien  (284-311)

Révision 3

Détail de l'Arc de Constantin

Renaissance d'un Edit

Après sa victoire sur Maxence, Constantin fut proclamé empereur auguste la même année. L'année suivante un Arc de Triomphe fut construit en son honneur (il est encore aujourd'hui devant le Colisée) ; il fut inauguré deux ans plus tard (315).

Le gouvernement impérial romain était alors constitué de deux augustes : Constantin en Occident et Licinius (son beau-frère) en Orient. Décidé à instaurer définitivement la liberté de culte, Constantin convoqua Licinius pour une réunion à Milan (Mediolanum), qui était alors le siège de l'Empire Romain d'Occident ; le Sénat siégeait à Rome.

En février de l'an 313, ils signèrent le célèbre Edit de Tolérance ou Liberté de Culte, dont le but était de maintenir l'équilibre politique dans les deux parties de l'empire. Dès la promulgation de l'Edit, on enregistre dans l'Empire approximativement 1.500 sièges épiscopaux chrétiens ; 15% de la population pratique le christianisme.

Les conséquences de l'Edit démontrent que cet évènement a été fondamental dans l'histoire de l'Occident.

Révision 4

Avantages mutuels

Constantin établit par loi la restitution des biens immobiliers qui avaient été confisqués à la communauté chrétienne : « Les propriétés devront être rendues aux chrétiens lésés sans qu'on exige d'eux ni paiement ni récompense de restitution ». Sur ordre impérial, celui qui avait acheté, même légalement, des biens confisqués à la communauté chrétienne, devait les restituer. Constantin déclara avec fermeté que le gouvernement impérial récompenserait équitablement ceux qui, ayant acheté des biens confisqués aux chrétiens, les restitueraient sans aucune fraude ni escroquerie.

L'accord entre l'empereur et la communauté chrétienne avantagea amplement les deux parties. Constantin donna ainsi naissance à ce qui, des siècles plus tard, fut appelé Césaropapisme : système politique selon lequel l'autorité civile exerce aussi des fonctions d'autorité religieuse.

Révision 5

Chrétiens et païens

La mise en pratique de l'Edit pour la Liberté de Culte conféra à la communauté chrétienne un statut de légitimité.
Par disposition impériale, la religion chrétienne pouvait alors être pratiquée dans tout l'empire, comme toute autre religion. Dans la capitale impériale (Rome), seule la religion chrétienne pouvait être pratiquée, tandis que, dans les cinq grands districts suburbains de la Rome antique, appelés « pagus » (Sucusanus, Montanus, Aventinensis, Ianiculensis et Lemonius) toutes les autres religions pouvaient être pratiquées librement. Cet acte détermine donc que la religion chrétienne était réservée à la métropole et que, à partir des Pagus les autres étaient « païennes », adjectif qui jusqu'alors n'existait pas et qui apparut avec l'Edit de Milan, même si nous l'utilisons couramment aujourd'hui pour nous référer à des cultes chronologiquement antérieurs.

Il est fort possible que Constantin n'ait pas été chrétien, mais les chrétiens qui furent ses contemporains ont tous été sans aucun doute des «constantiniens».

Révision 6

Mise à jour : Juin 2019

 Marcelo Yrurtia

Martine Ruais